Etes- vous surmené ? Risquez- vous de faire un burn-out ? Il est important de savoir distinguer les différentes réactions liées à une forte pression au travail. Prenons le cas de Jules, 25 ans, qui vient d’ouvrir son salon de coiffure, et qui travaille non stop de 8H du matin à 20h tous les jours. Entre les fournisseurs, les clients, il s’investit à 200% dans son entreprise, qui prospère grâce au fruit de ses efforts quotidiens.

Typiquement, Jules est surmené. Il fournit des efforts qui dépassent les capacités habituelles de travail. Si jules ne compte pas ses heures et est exténué le soir, il n’éprouve pas le sentiment d’être stressé. Et pourtant, il est soumis à de fortes contraintes professionnelles.

Etre stressé, c’est se sentir dépassé. Jules, lui trouve chaque jour les ressources nécessaires pour faire face au rythme de travail et à la gestion de la clientèle parce qu’il est convaincu qu’il va surmonter la situation.

Mais à la longue, Jules va finir pas s’épuiser et sera, à ce moment, dépassé par la situation avec un risque de burn-out.

Le burn-out… une forme particulière de surmenage

Ce syndrome apparaît après des mois passés à se surmener, à se dépasser et en définitive pour rien.

Sa particularité, les personnes qu’il touche. En effet, il affecte des gens fortement investis, personnellement et émotionnellement dans leur travail. Qui donnent de leur personne sans relâche, mais qui n’ont pas la reconnaissance à la hauteur de leurs exigences. Il y a un grand décalage entre les objectifs qu’ils se sont fixés et les moyens dont ils disposent pour y parvenir. Conséquence, ils arrivent en fin de journée, par se sentir épuisés, vidés et n’ont plus envie de se lever le matin tant ils appréhendent leur quotidien

 

Le burn- out…. Un processus qui évolue

Il passe par une première phase d’épuisement , lors de laquelle la personne s’épuise tant physiquement que moralement à la poursuite d’un idéal inaccessible.

Ce qui entraine de la fatigue chronique ou encore des troubles du sommeil.

Puis, pour supporter la situation on se fabrique une carapace en développant un détachement excessif, moyen de se protéger.

C’est par exemple le cas d’un professeur qui souhaite emmener ses élèves à l’excellence mais faute de résultat et face aux comportements de certains, elle devient agressive avec eux.

Ce manque d’empathie induit un sentiment de culpabilité et conduit à la perte d’estime de soi. «  on ne se sent plus un bon professeur, on a l’impression qu’on fait du mauvais travail »

Un élément déclencheur

Et à un moment donné, même après plusieurs années à tenir le coup tant bien que mal, et s’être aperçu que l’idéal ne sera jamais atteint malgré les efforts fournis, la victime de burn out finit par craquer.

C’est le scénario typique de quelqu’un qui ne parvient plus à quitter son lit, à se lever le matin.

Le burn-out s’installe dans le temps et c’est un évènement de trop, et peu importe son importance qui va conduire l’esprit et le corps à se révolter et à craquer.

Un refus de promotion, le licenciement d’un collègue, une remarque d’un collègue sont autant d’overdoses de signaux négatifs qui font basculer vers l’abattement.

Une reconstruction possible

Le burn- out peut heureusement être interrompu dés lors que la personne trouve une solution pour surmonter la situation. Cela peut être des ajustements individuels ( s’épanouir dans un sport, s’investir dans une association, avoir des projets de famille, prévoir une reconversion professionnelle) autant de mesures personnelles qui ne changent rien aux conditions de travail, mais qui permettent à la personne de prendre de la distance, de gagner en estime de soi et de revenir à l’essentiel pour parvenir à lâcher prise.

Les solutions dites collectives, elles agissent sur les causes du surmenage : définition d’objectifs moins ambitieux, révision de l’emploi du temps….

Attention à la dépression

Si la personne ne parvient pas à trouver des solutions, et persiste dans le burn-out, elle peut tomber dans la dépression, qui représente un stade supplémentaire. En effet, si les victimes de burn-out peuvent avoir des projets en dehors de leur travail, les personnes souffrant de dépression n’auront plus goût à rien.

Si le burn-out peut se soigner avec des ajustements professionnels, la dépression est souvent soignée par un traitement médicamenteux