Comment se former aux soft skills et quelles sont les soft skills du Futur?

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En cette période particulière cette question est plus que d’actualité pour se préparer à l’après. Car notre après sera différent.

 

Les soft skills et leur importance capitale dans le monde du travail font aujourd’hui couler beaucoup d’encre. Une chose est sure cependant, c’est que la majeure partie des investissements visent à financer l’apprentissage de compétences techniques (dites « hard skills ») alors que ces dernières ne compteraient qu’à hauteur de 20% dans la réussite professionnelle.

Les 80% restants dépendraient de notre manière d’interagir avec nos collaborateurs – compétences qui correspondent à ce que nous appelons communément les « soft skills ».

Et pourtant, il n’y a rien de « soft » dans les qualités qui garantissent à 80% de réussir dans son travail. Des entreprises de renom telles que Google et LinkedIn sont arrivées à la même conclusion et ont modifié en conséquence leurs stratégies de recrutement et de formation.

Aujourd’hui avec la crise que nous traversons, posez-vous la question : votre entreprise a-t-elle conscience du fait qu’il est aujourd’hui crucial d’investir dans des formations soft skills ?

Développer ses compétences comportementales revient à prendre de nouvelles habitudes. Parfois en contradiction plus ou moins forte avec des comportements ou des croyances profondément ancrés en nous.

Contrairement aux hardskills ou compétences techniques, il ne suffit pas de comprendre et retenir pour y arriver. Comment se former aux soft skills ?

Les soft skills nécessitent une prise de conscience personnelle de nos comportements et de leurs impacts, et une acceptation d’en changer. Et surtout, de la pratique et du temps.

Se former aux Soft Skills

Les soft skills s’acquièrent avec l’aide des autres

La plupart de nos comportements sont inconscients. Nous ne mesurons pas toujours l’effet qu’ils ont sur les autres. Même lorsque nous ressentons une tension dans la relation, il nous est parfois difficile de décoder les mécanismes à l’œuvre.

Le conflit socio-cognitif

Nos expériences – bonnes ou douloureuses – nous ont façonnés. Ce qui est vrai dans un contexte donné ne l’est pas forcément dans un autre. En effet, c’est en étant confronté à d’autres personnes ayant un vécu différent que nous pourrons nuancer nos représentations.

C’est ce qu’on appelle le conflit socio-cognitif, tant il bouscule en nous ce que nous pensions immuable.

Ce conflit socio-cognitif est particulièrement fort lorsqu’il touche nos croyances. En effet, nous avons tendance, inconsciemment, à les entretenir, voire à les renforcer.

Exemples des impacts du conflit socio-cognitif

Voici plusieurs exemples :

  • Si je crois qu’on ne peut pas faire confiance à untel, je me persuade que notre entretien va mal se passer. Je pense qu’il va chercher à m’avoir. Je vais adopter une attitude rigide, je ne ferai pas de concession. La tension va monter et nous nous quitterons sans avoir trouvé un accord. Conséquence : untel va me contourner pour obtenir ce dont il a besoin. Je renforce donc ma croyance : « on ne peut pas lui faire confiance ».

 

  • Nous n’avons pas tous le même type de personalité. Nous avons tendance à fonctionner avec les autres de la manière dont nous souhaitons qu’ils fonctionnent avec nous. Mais ce n’est pas toujours efficace. Au contraire, cela peut créer des tensions que nous avons du mal à expliquer. Nous risquons de conclure que « untel a un problème » alors qu’il a ni les mêmes besoins ni la même manière d’être efficace. Ce sont nos préjugés et notre interprétation qui nous guide

Pour progresser, nous avons donc besoin de feedbacks bienveillants et sincères. Dans un contexte protégé, dénué de tout enjeu.

Alors, nous pourrons lâcher prise et accepter de nous ouvrir à d’autres points de vue, d’autres manières de communiquer. Nous pourrons tester de nouvelles pratiques et constater leur efficacité – toujours grâce au feedback des autres.

Les soft skills s’acquièrent par la pratique

 

Au-delà de la nécessaire prise de conscience, changer d’habitudes prend du temps. Entre 30 et 60 jours, voire plus, ou au moins 60 répétitions du même « geste » selon les experts en neurosciences. Ce n’est pas parce que nous avons « compris » les principes d’une bonne pratique que nous avons acquis la maîtrise de la compétence soft skills correspondante.

Prenons l’exemple de gestion des emails:

  • Nombreux sont ceux qui, en formation comprennent que la meilleure stratégie pour être efficace est d’ouvrir la boîte mail à 11h plutôt qu’en arrivant le matin. Mais les habitudes sont tenaces (demandez aux fumeurs, ils vous le confirmeront !). Dès le lendemain, beaucoup retrouvent le réflexe d’ouvrir leur boîte mail à la première heure. Parfois, ils ont une pensée coupable pour leurs priorités qu’il traiteront avec moins d’efficience plus tard. Cela ne les empêche pas de prendre connaissance du contenu de leur boîte aux lettres.

Dans ce cas, quelques rappels et beaucoup de discipline personnelle sont nécessaires. Jusqu’à ancrer profondément une nouvelle habitude, et renforcer son adoption en constatant à quel point elle nous rend efficace. La solidarité des pairs et le soutien du manager facilitera l’intégration de cette nouvelle habitude.

Dans d’autres cas, il s’agit avant tout de calmer nos peurs.

Prenons un autre exemple, toujours dans le domaine de l’efficacité professionnelle

  • Une bonne pratique consiste à reporter un rendez-vous avec un collègue qui nous sollicite alors que nous sommes en train de travailler dès le matin sur une priorité. Oui, mais nos petits diablotins personnels pourraient s’affoler : « mais que va-t-il penser de toi ? Il va se dire que tu es égoïste ». Cette peur de ne plus être appréciés par nos collègues pourrait bien avoir raison de la décision que nous avions prise de travailler en continu sur nos priorités.

Pour ancrer la bonne pratique, là encore, il va nous falloir du temps. Le temps que de nombreuses occasions se présentent de tester cette nouvelle façon de faire. Et surtout, des opportunités progressives.

  • En effet, commencer avec un collègue un peu soupe au lait ne fera que renforcer notre peur viscérale de ne pas être apprécié.e. Il vaut donc mieux commencer avec des collègues bienveillants pour se rendre compte qu’il ne nous en veulent pas du tout. Au contraire, si nous sommes plus disponibles pour eux à 14h, ils sont ravis ! Et si vous avez un doute, pourquoi ne pas leur demander un feedback ?
  • Les soft skills s’acquièrent au bon moment

 

Faut-il attendre d’être « prêt.e » ou d’avoir un besoin précis pour se former aux soft skills ? Certainement pas.

Le développement des softskills est un processus long qui se construit par couches successives. Certains concepts ne s’acquièrent que si nous pouvons les raccrocher à une expérience vécue. D’autres, lorsque nous avons déjà au préalable ouvert certaines « portes » de notre conscience, commencé à explorer le champ de notre développement personnel.

Parfois, une graine plantée plusieurs années auparavant germera au moment où nous en avons besoin. La formation peut être « en avance de phase », l’acquisition de la compétence se fera au moment où elle sera utile pour nous.

Si nous participions à la même formation à plusieurs années d’intervalle, il est probable que nous n’en retirerions pas la même substance. Entre-temps, nous aurions mûri certains concepts, ancré de nouvelles habitudes, vécu d’autres expériences.

Une chose est sûre. Quel que soit notre chemin, l’acquisition des compétences soft skills est exponentielle.

Plus nous développons notre connaissance de nous-mêmes, de nos peurs, de nos besoins, de nos fonctionnements, plus nous profitons des nouveaux concepts qui s’offrent à nous, et plus nous parvenons à les mettre en pratique avec succès.

En effet, le développement personnel accroît notre confiance en nous.  C’est en pratiquant, que nous ne doutons plus de nos capacités à changer nos habitudes.

Il existe une multitude de compétences douces : gestion du stress, priorisation des projets, autonomie, communication à l’oral.

 

Se libérer d’une croyance limitante

Et si nous ne ressentons pas le besoin de nous former aux soft skills ?

C’est peut-être que nous sommes enfermés dans une croyance limitante.

  • Nous pouvons attendre qu’un événement nous force à dépasser nos freins, en nous mettant dans une situation où nos anciennes habitudes s’avèrent tellement inefficaces que l’inconfort devient insupportable.
  • Nous pouvons aussi prendre les devants et demander à des personnes de notre entourage en qui nous avons confiance, un feedback bienveillant et sincère. Une bonne manière de le faire est de poser quelques questions ciblées : « dans tel contexte précis, quels ont été mes points forts ? sur quoi je peux progresser pour être plus efficace ? »

Alors, nous serons en mesure de planter la graine qui nous sera utile le moment opportun.

 

 Les 10 Soft Skills du futur

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La liste des soft skills les plus prisées dans le futur varient selon les sources et les études. Certains experts parlent même de smart skills, tant ces compétences sont utiles pour évoluer dans la complexité du monde professionnel au XXIème siècle. Il se dégage cependant des tendances communes. Plutôt qu’une longue énumération, concentrons-nous sur trois thématiques phares.

La capacité à évoluer dans un contexte incertain

L’agilité

Cette compétence douce est et sera de plus en plus un atout.

Face à un imprévu, une situation inédite, l’agilité nous met en contact avec toutes nos ressources intellectuelles et sociales.

Nous sommes capables de penser clairement, de trouver l’aide extérieure dont nous avons besoin pour résoudre les problèmes complexes.

L’agilité est un état d’esprit qui se développe. Au lieu de subir une situation qui pourrait paraître déplaisante, les personnes agiles embrassent la situation et se posent la question en ces termes : «à partir de là, quel est le nouvel objectif et comment l’atteindre ? »

La capacité à apprendre

Il s’agit bien sûr d’être capable d’acquérir rapidement de nouvelles compétences utiles à l’exercice d’un nouveau métier, ou de maîtriser et d’exploiter tout le potentiel d’outils qui ne cessent d’évoluer.

Mais aussi de remettre en question d’anciennes façons de faire qui ne sont plus opérantes dans un nouveau contexte.

Cela suppose de développer une culture de l’autoformation.

Savoir où chercher les informations pour se former, choisir le bon format, connaître ses stratégies d’apprentissage personnelles.

Oser sortir de sa zone de confort, procéder par essais – erreurs, partager avec ses pairs les meilleures pratiques, demander et accueillir les feedback.

La créativité

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Nous sommes tous créatifs ! La créativité se développe et s’entretient. Elle est source d’agilité et de joie. Sa démarche repose sur quelques principes méthodologiques, comme par exemple le fait de transformer un problème en défi créatif.

Il existe de nombreux outils pour la stimuler, en mode individuel ou collectif. Elle se développe aussi grâce à des rituels personnels, par exemple les pages du matin.

L’esprit d’initiative

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Dans certains environnements, développer son esprit d’initiative peut relever de la gageure. C’est le cas lorsque les contraintes procédurales sont fortes ou la hiérarchie très directive et n’accordant pas facilement le droit à l’erreur.

Dans un tel contexte, l’esprit d’initiative consiste d’abord à cerner sa marge de manœuvre pour agir. Puis à faire des tests à petite échelle en embarquant quelques alliés. Enfin, à communiquer sur les succès pour gagner la confiance des décideurs.

Dans un contexte plus permissif, il s’agit de savoir prendre des risques mesurés et assumés, savoir prendre des décisions et en mesurer les impacts – et avoir la lucidité de prendre une nouvelle décision en cas d’échec. Puis d’être capable de faire adhérer les autres, de mener les projets pour déployer une solution nouvelle.

La capacité à collaborer dans un environnement évolutif et digital

 

La capacité à travailler ensemble

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La tendance se dessine déjà.

 

Travail en mode projet, en réseau, en équipes polymorphes et pluridisciplinaires.

Plus que jamais, notre capacité à travailler ensemble et tirer le meilleur parti de la richesse du collectif est un facteur clé de succès.

Pour que ces modes d’organisation fonctionnent, nous devons à titre individuel être capables de prendre des engagements et de les tenir.

Quitte à négocier notre contribution au départ. L’excellence relationnelle est un atout pour produire ensemble de façon efficace, mais aussi pour surmonter ensemble les difficultés.

Savoir donner un feedback recevable, définir ensemble des méthodes de travail efficaces sont des compétences précieuses. Faire preuve d’ouverture à soi et à l’autre permet de consolider la relation dans un climat de confiance mutuelle.

Travailler à distance- Au cœur de l’actualité aujourd’hui

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Equipes dispersées, télétravail, empreinte écologique.

Travailler ensemble implique de plus en plus souvent de travailler à distance. La technologie offre maintenant une palette impressionnante d’outils qui permettent de se réunir à distance et de travailler en mode collaboratif de manière remarquablement efficace. Encore faut-il les connaître et les maîtriser pour en exploiter tout le potentiel tout en sécurisant les données.

La maîtrise de la communication digitale

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Le plus difficile désormais n’est plus d’accéder à l’information. Elle est partout. Elle est surtout pléthorique.

Notre valeur ajoutée consiste à savoir faire un tri intelligent et redistribuer de manière ciblée une information digérée et commentée. La forme est également cruciale. La maîtrise des outils digitaux peut rendre attractif un contenu ardu.

  • L’organisation efficace du travail

La gestion des priorités

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Ce n’est pas nouveau. Mais dans notre monde de sur-sollicitations, aussi bien humaines que techniques, la gestion des priorités est devenue vitale.

Vitale pour notre performance professionnelle, vitale pour notre équilibre personnel. En effet, nous ne pourrons plus tout faire. Autant nous débarrasser une bonne fois pour toute de cette illusion. Nous devons faire des choix. Des choix de missions, de projets mais aussi des choix quotidiens. Et apprendre à renoncer.

La capacité à se concentrer

La multiplication des modes de communication et autres objets connectés nous a habitués au zapping permanent.

Ce qui est d’une part épuisant pour notre cerveau et peu efficace pour traiter les sujets de fond.

Or, notre créativité et notre productivité ont besoin de moments de concentration élevée ! Bonne nouvelle, il est possible, avec quelques outils et bonnes pratiques, de produire un résultat à forte valeur ajoutée sans effort, et même en prenant beaucoup de plaisir.

Comment ? En sachant définir un objectif concret, en planifiant astucieusement ses séquences de concentration. Et en développant ses capacités de concentration au quotidien, de la même manière que l’on travaille ses abdominaux.

L’automatisation

Le but est de consacrer le moins de temps possible aux tâches répétitives pour concentrer notre énergie sur les activités à forte valeur ajoutée.

La maîtrise des outils bureautiques ou digitaux est à ce titre une formidable source d’efficacité. S’agit-il encore d’une compétence « soft »? Peut-être pas. Sauf qu’elle fait appel à d’autres compétences dans le champ des soft skills : la capacité à identifier un potentiel d’efficacité, à dégager du temps pour mettre en place un système d’automatisation, à s’entourer des personnes idoines pour nous aider le cas échéant.

 

En conclusion

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Après avoir lu cet article, si vous continuer à considérer les formations soft skills ainsi que le coaching comme des accompagnements superflus à greffer éventuellement sur une formation hard skills lorsque l’occasion se présente, c’est que je n’ai pas été assez convaincante ou que la démarche est encore trop récente dans votre environnement.

Néanmoins, les grands dirigeants, entrepreneurs de talents et même certains politiciens s’accordent pour dire qu’il est urgent de répondre à la demande grandissante de formations soft skills.

Si vous estimez que votre équipe aurait besoin d’approfondir certaines des compétences évoquées, c’est bien simple : faites du déploiement de formations soft skills votre priorité n°1.

Permettez d’apprendre à vos employés d’apprendre quand et où ils le souhaitent, à la fréquence de leur choix. Car finalement, l’apprentissage est un processus très personnel – vous ne pensez pas que le fait de le rendre à la fois facile d’accès et efficace soit une bonne idée ?