Comment devenir un individu libre et relié selon Jung

Les étapes du processus d’individualisation peuvent donner du sens à notre besoin de changement et nous permettre de l’accueillir avec plus de confiance.

Pour Jung, l’inconscient personnel est composé de plusieurs éléments archétypaux, dont les cinq principaux sont la Persona, le Moi, l’Ombre, l’Animal Animus, et le Soi.

1 – La Persona :

La Persona est le masque social, le rôle, la partie de la personnalité qui permet de consentir à plusieurs accommodements par rapport à son identité pour s’adapter aux différentes situations sociales et satisfaire aux attentes réelles ou imaginaires des autres : la politesse, la fonction ou posture professionnelle, l’image sociale …

2 – Le Moi ou l’Ego :

Le Moi est la partie consciente du psychisme qui représente l’identification de la personne avec son corps, ses expériences, et ses souvenirs. L’Ego est ce qui maintient conscient et aide à développer une personnalité individuelle originale, une identité. C’est aussi l’image positive que la personne a d’elle-même, ce qu’elle pense connaître, ce dont elle se croit capable. Le Moi est en général limité par les doutes, interdiction ou culpabilité réprimée par l’inconscient, L’Ombre.

L’excès d’Ego nuit gravement à notre véritable essence. L’Ego est fondamentalement le fruit de peurs infondées qui sont le produit d’un processus mental. Ce sont nos pensées qui nous amènent à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Le mental cultive l’Ego et le pousse à endosser des rôles. Notre Ego s’attache à tout ce qui nous valorise mais qui n’est pas nous : le paraître (les rôles que nous jouons), l’avoir (nos possessions). À travers ce que nous désirons, nous cherchons inconsciemment à accroître notre sentiment d’identité. Nous désirons des choses pour tenter d’exister un peu plus grâce à elles. Les Bouddhistes disent de l’attachement qu’il est souffrance. Nous gagnons à nous libérer des attachements de l’Ego. Il s’agit de lâcher nos fausses identités, de nous réunifier avec nous-mêmes. Il s’agit de découvrir la valeur de notre être, indépendamment de ce que nous faisons ou de ce que nous possédons. Il s’agit d’apprendre non pas à nous oublier, mais à dépasser notre propre personne, pour être au service de plus grand que nous. Alors nous découvrirons la puissance de nos actes. Lorsque nous agissons en confiance, sans répondre à une motivation égotique ni servir un intérêt personnel, nos actes peuvent revêtir une puissance incroyable, presque surnaturelle. Comme si nous étions dotés d’un pouvoir dont nous n’avons pas le contrôle, un pouvoir dont nous ne serions que le vecteur. A la façon de la vague qui porte en elle la force de l’océan.

3 – L’Ombre :

L’Ombre est la partie qui a été refoulé dès l’enfance, par souci d’adaptation, par crainte d’être rejetée par les personnes importantes de sa vie. Un garçon qui ne se permet pas de montrer sa tristesse exprimera par exemple de la colère. Ce sont aussi des attitudes, des conduites vues comme originales, ou même des habilités ou des qualités morales. L’Ombre devient ainsi la part secrète, voire inconnue et mal-aimée de l’individu, tout ce qu’il ne s’autorise pas ni à lui-même, ni aux autres. L’Ombre correspond au personnage de l’ennemi, à tout ce qui lui fait peur il fait qu’il ne dépasse pas ses limites. L’Ombre représente ce qui est réprimé ou déprécié par la Persona. Par exemple, un individu doté de qualités artistiques dépréciées par son entourage ne les cultivera pas et elles demeureront primitives dans son Ombre. L’Ombre peut représenter ce qui n’a pas été choisi parmi les possibilités de tempérament. Ainsi, si un individu est introverti et réflexif dans la Persona, il est extraverti et sentimental dans son Ombre.

4 –  L’Anima & l’Animus

L’Anima est, pour un homme, sa femme intérieure, sa partie féminine, sa sensibilité, son émotivité. L’Animus est, pour la femme, son homme intérieur, sa partie masculine, sa force, son initiative, son courage. L’Animus et l’Anima sont les gardiens du Soi.

5 – Le Soi :

Le Soi ou « archétype de la totalité » est le centre du psychisme. Il englobe conscient et inconscient. C’est la totalité des possibilités, la source des talents, l’instinct qui anime l’individu de plus en plus au cours de sa vie avant de décliner lors de son vieillissement. C’est la part qu’il initie et qui le guide.

L’individuation : un processus en 5 étapes.

Selon Carl Gustav Jung, le processus d’individuation consiste à équilibrer ces archétypes, à permettre à tous ces éléments de l’Être : Persona, Ego, Ombres, Anima & Animus, d’exister individuellement à l’intérieur du Soi.

L’individuation est caractéristique de la seconde moitié de la vie : quand l’homme a établi sa place dans le monde, une nouvelle exigence peut se faire valoir à lui, celle d’être vraiment lui-même, être ce qu’il est, tout ce qu’il est et seulement ce qu’il est. C’est l’archétype du choix qui suscite et dynamise ce processus. Un individu peut alors questionner tous les aspects de sa personne et notamment sa part d’Ombre.

La liberté dit Jung, ne s’atteint qu’à travers le processus d’individuation.

Dans ce processus d’individuation, nous allons découvrir 5 étapes

Première étape : le temps de la survie

C’est la phase d’adaptation qui correspond à l’enfance et au premier temps de la vie d’adulte, quand nous apprenons à obtenir une sécurité affective en réglant le comportement en fonction de ce qui est attendu de nous. Cette tendance conduit à adopter un personnage qui ne reflète pas la totalité de l’Être. Une partie de nous et niée, refoulée dans l’inconscient

 

Deuxième étape : le temps de la différenciation.

C’est la phase de l’affirmation de sa différence, de son identité personnelle et professionnelle, phase d’autonomie et de prise de pouvoir et parfois de domination de l’autre. Nous commençons à réaliser que le personnage que nous avons adopté nous étouffe. Ce que Jung appelle l’Ombre, ce qui sommeille en nous et que nous n’avons pas encore choisi d’être, se rappelle à nous par vagues de nostalgie, de bouffées dépressives.

Troisième étape : le temps de la construction.

C’est le temps de l’intégration dans la communauté, de la prise de responsabilité collective. C’est aussi le temps du doute, du questionnement. Nous commençons à réévaluer notre parcours et à remettre tout en question. Nous vivons les limites de notre personnage qui se fissure pour laisser émerger le refoulé. Côté lumière, nos vraies aspirations émergent. Côté Ombre, la colère et les dérapages peuvent s’exprimer.

Quatrième étape : le temps de l’harmonie.

C’est le début de la réconciliation, de l’intégration des opposés. Les aspirations de l’enfant peuvent être entendues. La Persona (le personnage) et le vrai Soi commencent à se parler. L’incertitude et la confusion perdent du terrain. La quête de reconnaissance cède le pas au désir de ne plus se mentir, ni de se trahir. C’est le moment où nous pouvons choisir de réorganiser nos priorités, de développer nos potentiels.

Cinquième étape : le temps de la transcendance.

C’est le temps de l’individuation : nous sommes complets, nous acceptons nos imperfections, nos désirs contradictoires. Nous accueillons nos émotions et nos ressentis sans les juger. Nous nous intéressons à notre raison d’être, à notre utilité au sein du collectif. La dimension spirituelle est réinvestie, nous nous sentons reliés au vivant et à l’ensemble de l’univers.

L’homme possède une nature en puissance qu’il s’agit pour lui de réaliser, un potentiel qui doit s’actualiser. Aristote considère ce que désire l’homme et ce que requiert le monde. Selon lui, la cité est le lieu où l’homme trouve à réaliser son humanité et peut accéder à la vertu d’homme de bien. C’est dans la rencontre avec les autres que notre propre existence prendre forme. C’est en désirant ce qui est bon pour nous-même et pour les autres que nous prenons soin de notre accomplissement.

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