Nous plaçons souvent la barre plus haut pour nous-mêmes que pour les autres. N’avez-vous pas droit à l’erreur ? Avez-vous l’impression que ce que vous faites pourrait être mieux ? Si c’est le cas, alors il vous faut avoir un peu plus de compassion pour vous-même.

 

Honnêtement, quel est votre degré d’indulgence envers vous-même quand vous avez fait une erreur ?

Comme la plupart des gens, vous êtes probablement plus exigeant avec vous-même qu’avec les autres. En règle général, la compassion, c’est pour les autres. Au sens littéral, ce mot signifie « éprouver avec ». Nous pouvons être affectés par la souffrance de quelqu’un et ressetir le besoin de le soutenir. Ceux qui éprouvent de la compassion pour une personne ne jugent pas ses erreurs, ses fautes, ni ses échecs : ils sont compréhensifs et bienveillants.

Ne serait-il pas légitime d’avoir la même attitude envers nous-mêmes ?

Kristin NEFF, enseignante et chercheuse en psychologie à l’université d’Austin au Texas, sur l’autocompassion.

L’autocompassion, explique-t-elle « c’est faire preuve d’indulgence envers vous-même quand vous traversez un moment difficile ou quand quelque chose en vous vous déplaît. Ayez de la tendresse à votre égard et de la compréhension pour vos échecs. Pourquoi devriez- vous être parfait ? »

Quand quelque chose ne va pas, c’est là que l’autocompassion entre en jeu, autrement dit être capable de garder cette estime de soi en dépit de nos échecs et de nos imperfections.

Bon nombre d’entre nous partent du principe que l’amour et l’attention des autres se méritent, que ce sont nos actes ou nos réussites qui les suscitent. C’est quelque chose qui remonte à notre petite enfance : on nous a appris que l’enfant sage était récompensé, que le vilain était puni. Deveus adultes, nous essuyons les reproches cinglants de notre critique intérieur : «  tu as l’air fatigué, tu ne vas pas y arriver »

Imaginez un seul instant que ces réprimandes soient adressées à quelqu’un d’autre ; vous vous rendrez vite compte qu’il n’y a absolument rien de constructif dans ces critiques. Et pourtant, nous plaçons toujours la barre plus haut quand il s’agit de nous-mêmes.

Les adultes ayant eu des parents très critiques sont souvent victimes de ce syndrome qui peut les conduire à craindre l’échec, à être perfectionniste…Si vous vous souciez fréquemment de ce que les autres pensent de vous ou si vous vous comparez souvent à eux, il y a fort à craindre que vous soyez souvent trop dur avec vous-même.

L’autocompassion, c’est donc faire preuve d’indulgence envers soi, c’est aussi prendre conscience du fait que nous sommes humains.

Vous devez garder à l’esprit que les souffrances, les échecs et les imperfections font partie intégrante de notre condition humaine. Personne n’y échappe. Nous sommes tous exposés à la frustration et à la perte. Tous nous commettons des erreurs, nous avons conscience de nos insuffisances et peut être même ne parvenons nous pas à répondre à nos propres attentes. C’est notre condition humaine, une réalité qui nous est commune. Et nous serons capables d’éprouver de la compassion pour nous-mêmes et pour autrui quand nous accepterons cette vérité au lieu de la combattre.

Le défi consiste donc pour vous à ne pas censurer l’épreuve que vous traversez et accepter d’être là où vous en êtes. Cela fait partie de notre condition humaine. Acceptez l’inévitable ; le stress, la frustration et l’autocritique régresseront, vous serez plus équilibré sur le plan émotionnel.

Autre question : pourquoi est-ce si difficile d’être indulgent avec soi même et de s’accepter ?

Nous avons aussi tendance à croire que la critique stimule, qu’être gentils avec nous-mêmes risque de nous rendre paresseux et gâtés. Nous avons tendance à confondre l’indulgence et l’apitoiement sur soi. Il ne faut donc pas supprimer les émotions négatives, ni en rajouter. Les personnes éprouvant de la compassion pour elles mêmes sont disposées à affronter leurs sentiments, à les assumer, mais sans s’y complaindre. Mais être indulgent avec soi ne signifie pas se laisser aller et fermer les yeux sur la moindre faiblesse, sous prétexte de nous accepter tels que nous sommes.

Nous devons le faire parce que nous sommes soucieux de nous-mêmes , et non parce que nous pensons être une mauvaise personnes

Si nous sommes capables d’être plus indulgents à l’égard de nous-mêmes, nous deviendrons plus forts.

Conseils pour devenir plus indulgent envers soi.
 1. Apaisez votre critique intérieur

Prenez conscience de votre critique intérieur. Ecrivez tout ce qu’elle vous dit. Quels sont les points les plus significatifs. Quand vous les aurez identifiés, vous pourrez décider de donner moins de pouvoir à cette voix négative.

2. Changez de perspective

Si vous constatez que vous avez été à nouveau trop dur avec vous-même, prenez du recul et portez le regard de quelqu’un de bienveillant sur la chose. Que vous dirait un ami proche dans ces circonstances ?

3. Souvenez vous que vous n’êtes pas seul

Il nous arrive à tous de nous sentir nul.

4. Ressentez et acceptez

Dans une période difficile, prenez une respiration profonde et laissez vous aller à ressentir votre souffrance, sans l’ignorer ni l’exagérer. Acceptez le moment présent.

5. Récitez un mantra

«  Je dois me traiter comme si j’étais mon meilleur ami. Etre aussi bienveillant que possible à mon égard »

6. Formulez vos solutions

Notez dans votre journal les difficultés que vous avez rencontrées et les solutions que vous avez trouvées pour vous venir en aide.